L'association de Gaultier avec Apollon n'est pas aussi audacieuse qu'elle pourrait le paraître au premier abord : Denis Gaultier était tenu en grande estime par ses contemporains ; en effet, il était pour beaucoup l'incarnation du génie du luth, le « nonpareil », et l'un des rares musiciens à « parler » à ses auditeurs. Au premier abord, ses compositions semblent peu différentes de celles de ses contemporains, mais un examen approfondi révèle une sophistication sans pareille dans aucune autre musique pour luth de l'époque. On est immédiatement frappé par l'économie de l'écriture, dans laquelle aucune note n'est superflue, et par la structure musicale réduite à l'essentiel. Cette approche minimaliste est même plus apparente dans des versions publiées plus tard, qui montrent des traces subtiles de révision. Denis Gaultier eut la possibilité d'exploiter l'instrument à son maximum et, ce faisant, d'amener l'art du luth à un point jamais imaginé par ses collègues plus âgés. Sa musique était exigeante à la fois pour le luthiste, le luth et l'auditeur car, sachant ce qui pouvait être accompli, Gaultier choisit de pousser l'instrument jusqu'à ses limites, et tout le monde avec lui.


Anthony Bailes ANTHONY BAILES étudie d'abord la guitare, ce qui lui permet de découvrir la musique de luth. Sa rencontre avec Diana Poulton le pousse à acheter un luth et à en entreprendre l'étude avec elle. En 1971 il obtient une bourse du Conseil des Arts de Grande-Bretagne pour poursuivre ses études avec Eugen Dombois à la Schola Cantorum Basiliensis en Suisse.
Depuis la fin de ses études, il s'est produit en Europe dans la plupart des festivals les plus importants. Plusieurs de ses enregistrements sont considérés comme des événements ; ses interprétations de la musique française et allemande du XVIIe siècle sont particulièrement appréciées et ont obtenu différents prix. Outre ses activités d'interprète et d'enseignant, Anthony Bailes a réalisé des éditions de partitions et publié des monographies sur le luth et sa musique.