Dufay - Flos Florum
"Musica Nova aborde Dufay avec la même sincérité que Machaut. A entendre ce parfait agencement de motets, on croirait découvrir des terres encore inexplorées, ce qui était le cas avec l'intégrale des 23 motets de l'autre Guillaume." Choc du Monde de la musique - Marc Desmet - Mars 2005
Plus connu pour ses messes ou grands motets, l'Ensemble Musica Nova a souhaité dévoiler un portrait intime du Maître Dufay, privilégiant un homme profondément touché par la foi et par le désir de s'inscrire dans l'histoire musicale. « En ce XVe siècle que guette une crise de la production lyrique, chanter la mort permet aux musiciens et aux poètes de suggérer une filiation. Loin de tarir l'inspiration, le deuil est l'occasion d'un renouveau : la mort est féconde, comme le montrait déjà la double déploration dédiée par Eustache Deschamps à la mémoire de son maître Guillaume de Machaut. Au motif de plus en plus développé de la danse macabre s'ajoute désormais la mode des épitaphes et des testaments, qui deviennent de véritables genres littéraires. ... Chez Dufay, cependant, ce n'est pas le commanditaire de l'œuvre qui s'adresse à la Vierge, mais bien le musicien lui-même. La position implorante du compositeur (« prends pitié de Dufay qui te supplie ») ne doit pas tromper : elle exprime un nouvel orgueil de la musique. ... Dans cet auto-engendrement de l'artiste, une matrice joue un rôle essentiel - il s'agit de la ville de Florence. Mais si Paris est fille de joie ou harengère, Florence, nouvelle Jérusalem, prend l'aspect d'une vierge immortelle. La « belle mort » du compositeur (« mors speciosa ») devient alors une renaissance : « fessus ego, haud cantu vox est defessa canendo ». Il faut que le corps périsse pour que naisse la renommée, voix désincarnée, qui ne cessera plus de chanter. » Agathe Sultan.

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