La musique de Raphaël Cendo nous saisit à bras le corps ou plus précisément capte tous nos sens ! Sa biographie est une légende. A la sortie du Conservatoire National Supérieur et de Danse de Paris, le jury n’osa pas lui accorder toute sa légitimité. L’institution ne lui délivra qu’un second prix mais sa musique était déjà première. Il avait tourné le dos à ses pairs depuis bien longtemps, il choisit les chemins de traverse au risque d’être incompris. La radicalité de sa pensée s’imposa, il inventa la saturation. Le principe de cette musique est « une mise en échec de la limite, grâce un excès d’énergie. » Libérer l’énergie instrumentale, amener le corps de l’interprète dans le champ de la composition, faisant du concert non plus une simple représentation désaffectée mais un acte musical premier, un rituel sonore où l’interprète est l’officiant. Celle-ci exige des interprètes une virtuosité folle. Le son est métamorphosé. Il ne s’agit plus de prévoir mais de se perdre, il ne s’agit plus d’organiser mais de se frayer un chemin dans un monde instable, sauvage et inconnu, autant pour celui qui l’écrit, que pour celui qui la joue et pour celui qui la reçoit.

5 Diapason award