Martin fut enterré le 11 novembre 397 à Tours. Le saint, déjà célèbre dans toute la Gaule, était mort trois jours plus tôt à Candes, au confluent de la Vienne et de la Loire. Quand les Tourangeaux rapportèrent son corps en bateau, les berges se mirent à refleurir, selon Grégoire de Tours, lointain successeur de Martin au VIIe siècle, au cours de ce premier « été de la Saint Martin ». Nous sommes particulièrement bien renseignés sur la vie mouvementée de Martin grâce à son ami et premier biographe, le poète Sulpice Sévère, présent à Tours le 11 novembre 397. Le texte de Sulpice connut une heureuse fortune, comme en témoignent les nombreuses copies parvenues jusqu’à nous. Les exploits de Martin, ses voyages, la manière dont il quitta la légion romaine, le spectaculaire partage de son manteau avec un pauvre, sa rencontre avec Hilaire à Poitiers, puis la fondation des premiers monastères en Occident, Ligugé et Marmoutier, son élection à l’épiscopat de Tours, ses innombrables conversions et sa mort dramatique et édifiante à Candes étaient ainsi connus, admirés et commentés dans toute l’Europe. Un précieux manuscrit nous renseigne de façon extrêmement précise sur les liturgies pratiquées au sein de la Collégiale au début du XIIIe siècle: le chanoine Péan Gatineau écrit entre 1226 et 1237 un Rituel, ou plutôt un ordinaire-coutumier, qui décrit de façon minutieuse les usages, les déroulements des cérémonies, avec un luxe de détails et une précision étonnante. Ce Rituel deviendra la référence autoritaire pour régler les éventuels contentieux au sein du chapitre puisqu’il définit avec la même acuité les droits et devoirs des chanoines.

Il s’agit dans ce disque de la reconstitution par les musiciens de Diabolus in Musica, placés sous la direction de Antoine Guerber, du grand office solennel de la «Saint Martin d’hiver» (11 novembre) tel qu’il était chanté au début du XIIIe siècle en la basilique Saint-Martin de Tours, selon le Rituel de Péan Gatineau, écrit entre 1226 et 1237.

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