L’hommage, en musique, se pratique sous différents aspects : gratitude vis-à-vis d’un mécène, salutation plus personnelle à un ami ou une connaissance, reconnaissance du talent d’un confrère ou tombeau élevé dans le souvenir d’un maître ou d’un être cher disparu. La tradition de rendre hommage à un musicien défunt par un Tombeau est déjà ancienne au temps de Marin Marais. Transcriptions instrumentales des déplorations vocales du Moyen Âge et de la Renaissance, les Tombeaux se développent vers le milieu du XVIIe siècle au luth puis au clavecin avec Louis Couperin et Jean-Henri d’Anglebert et enfin à la viole de gambe avec Sainte-Colombe. Si les Tombeaux de Marin Marais sont parmi les plus originaux et expressifs modèles de tombeaux écrits pour la viole, les derniers exemples de cette tradition sont les Tombeau pour Marais le Cadet de Marin Marais (1725) et Tombeau de Marais le Père de Charles Dollé (1737). Un programme empli de dévotion, de grandeur et de tristesse.