Michelagnolo Galilei est le plus jeune frère du fameux Galileo. Luthiste à la cour de Maximilien de Bavière, il suit les traces de son père, Vincenzo, luthiste tout comme lui mais également célèbre comme théoricien et l’un des initiateurs de l’influente Camerata  florentine du comte Bardi. Leur père enseigne le luth à Michelagnolo et à Galileo, qui connaissent et jouent certainement la musique incluse dans ce programme. En 1620, Galileo contribue à financer le recueil Il primo libro d’intabulatura di liuto  de son frère Michelagnolo, l’un des plus élégants jamais publiés. Il contient un répertoire de haute qualité musicale, reflétant la pensée nouvelle de l’époque et affichant une double influence : l’italienne, comme dans les toccatas poétiques, et celle du nouveau style français du 17e siècle, comme en témoignent les courantes et les voltes. En cela, la collection est un mélange unique de formes tel qu’on n’en rencontre dans aucune publication de musique pour luth. Dans sa clarté et sa simplicité stylistique, la tablature gravée est au sommet du bon goût, à la fois agréable à l’oeil et invitante pour les doigts. Anthony Bailes prouve que la musique de Michelagnolo mérite une place honorable dans l’héritage de la famille Galilei.