Pour le compositeur français Pascal Dusapin, faire de la musique, c’est devenir un autre. C’est un acte vitaliste, un monde de purs devenirs où tout est mouvement et retourne au mouvement qui l’a engendré. L’enjeu de la musique, dit le compositeur, est de devenir (l’)autre par l’écoute, devenir l’autre de l’instrument.
Le florilège autour du violoncelle seul offre tout d’abord un large aperçu de son univers mélodique imaginatif exceptionnel. Du tumulte expressif d’avant-garde d’un Iannis Xenakis ou des flux sonores plus intuitifs d’un Giacinto Scelsi de ses œuvres des années quatre-vingt pour aboutir, après la découverte des chants populaires, aux nouvelles possibilités des modes des musiques arabe, arménienne ou occitane, les pièces de ce disque créent une fascination auditive immédiate et illustrent bien les multiples voix expressives de l’instrument.
La musique se distingue par son flux infiniment inventif, ses courbes mélodiques passionnantes, oscillant entre une énergie de ravissement ou la délicatesse de textures plus raffinées dans de séduisants rebondissements mélodiques. On entend un univers sonore d’une imagination remarquable, qui nous mène vers d’autres regards de nous-mêmes, d’autres regards de l’écoute. Toute musique reste un art mystérieux. L’enjeu du “devenir la musique” est l’expérience du son dans l’écoute infiniment subtile.