Avec la participation de : Emile Parisien, John Taylor, Jeanne Added, Fabrice Moreau

Entendre les images et voir la musique.

Voici en quelques mots ce qui me touche dans le cinéma de la Nouvelle Vague. Si, d’abord, le jazz est très présent dans les films (Miles Davis, Martial Solal, ou Michel Legrand), il y a aussi de grandes similitudes entre le cinéma de ces metteurs en scène et la conception que j’ai de cette musique : l’exploration d’univers personnels (l’enfance de Truffaut dans les 400 coups, l’amour de Godard pour Anna Karina dans Pierrot le fou, ou Une femme est une femme), la remise en question des conceptions esthétiques classiques, la revendication de la déconstruction spatiale, mais aussi l’inutilité de certaines scènes, guidées par le simple plaisir de faire du cinéma (comme les musiciens de jazz peuvent être guidés par le simple plaisir de faire sonner leurs instruments)… sont autant de caractéristiques qui m’ont fortement inspiré dans l’écriture de ce disque.

Mais comment réunir Godard, Truffaut, Malle ou Demy, alors que leurs styles sont si différents ? Comment réunir les musiques de Michel Legrand, d’Antoine Duhamel, de Georges Delerue ou de Miles Davis dans un même ensemble ?  La réponse m’a été donnée par François Truffaut, « Le seul point commun qui nous rassemble : la liberté ». La fuite permanente en voiture de Ferdinand (Pierrot le fou) ou la scène finale des 400 coups où Antoine Doinel finit par voir la mer, sont autant de symboles d’une recherche permanente de liberté. Ces musiques, si différentes a priori, sont également toutes unies par la liberté qui fut donnée à chaque compositeur et dans la fonction qu’elles remplissent au sein des films.

L’apport de John Taylor, avec lequel j’ai eu la chance d’enregistrer Patience  il y a trois ans, a été essentiel : il a contribué à donner une grande profondeur dans l’approche de ces thèmes et dans la sagesse qui entoure toutes ses interventions. Fabrice Moreau et Emile Parisien sont deux musiciens avec lesquels je partage ma route depuis plusieurs années. Ils ont également largement contribué à la réussite de cet enregistrement par leur grande souplesse et leur personnalité. Jeanne Added était la chanteuse qui, pour moi, pouvait incarner le mieux, une nouvelle fois, des chansons de cette époque. J’ai laissé à Jeanne une entière liberté dans le choix et l’interprétation des deux chansons de ce disque. Sa maîtrise vocale et la modernité de son univers ont parfaitement servi une relecture de la Chanson de Maxence et de Jamais je ne t’ai dit

Ce disque a donc été conçu comme une image de ce que j’aime dans ces films : les thèmes qui ont été joués ont été très peu arrangés et considérés comme des matériaux bruts. Une grande part a été laissée à l’improvisation et à l’appropriation de ces thèmes à partir desquels chacun de ces formidables musiciens a construit une partie de l’édifice, en respectant l’esprit de ces films magiques, c’est-à-dire en gardant la plus grande liberté possible. 

Stéphane Kerecki.

« Dans Alphaville, les personnages parlent souvent des mondes extérieurs, au lieu de les filmer, j'ai fait entendre leur musique. Ce sont des sons qui ont une valeur d'images… »

« Il me semble que l’on peut entendre les images et voir la musique... »æ

Jean-Luc Godard.

GAGNANT DU PRIX "ALBUM DE L'ANNÉE" AUX VICTOIRES DU JAZZ 2015!

Prix de l'académie du Jazz 2014, récompensant le Meilleur disque de Jazz enregistré par un musicien français.

"ffff" Telerama - Septembre 2014
"Indispensable à tout cinéphile jazzophile convaincu, comme Jean-Luc Godard, que «l'on peut entendre les images et voir la musique»." - Michel Contat

le Monde.fr
"Interprétation impeccablement à la mesure de l'œuvre de Stéphane Kerecki, architecture et enchaînements compris, dont on pouvait penser qu'elle tente l'impossible." - Francis Marmande

“CHOC” Jazz Magazine - juin 2014
"Casting idéal - comme on dit au cinema - pour une entreprise totalement réussie. Remarquable!" - Thierry Quenum

"ELU" Citizen Jazz
"Cela va bien plus loin que le simple hommage de surface : comme les films qu'il aborde Nouvelle Vague sonde les fractures, les ruptures et les discontinuités harmonieuses de la narration sans jamais verser dans ne nostalgie malvenue." - Franpi Barriaux

"CD de la semaine " sur FIP
“LE CHOIX” de France Musique
“SELECTION” Jazz News juin 2014
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