Malgré le fait qu’ils soient les deux derniers représentants importants d’une école de luth dominée par Ennemond et Denis Gaultier (cfr. RAM 0904), ni Gallot ni Mouton ne peuvent être accusés d’avoir simplement « entretenu la flamme ». Bien que tous deux reconnaissent publiquement leur dette vis-à-vis des Gaultier, leur propre musique affiche de l’originalité et ne peut être considérée comme une pâle imitation, en dépit de leur adhésion aux principes énoncés par cette dynastie vénérée. Des deux compositeurs, la musique de Mouton est la plus proche en style de celui des Gaultier et ce n’est nulle part plus évident que dans les doubles composés sur certaines de leurs courantes. Ceux-ci s’adaptent si bien qu’il est difficile de croire qu’ils sont d’une main différente. La musique de Jacques de Gallot, à l’inverse, présente un changement marqué par rapport à l’ancien style. La perfection de sa musique peut être illustrée par cette phrase d’un de ses élèves, Johann Armand von Uffenbach : « aucune harmonie d’aucune sorte de musique, aussi parfaite soit-elle, ne peut être comparée à celle de ce soliste ».

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